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Par John Jamieson

Partout où vous allez aujourd’hui, vous êtes sûr d’entendre les mots «durabilité» ou «développement durable». La durabilité peut signifier plein de choses pour plein de gens et d’industries mais, quelle que soit l’idée qu’on s’en fait, la plupart s’accordent à dire que cet enjeu touche l’environnement, l’économie et la société.

Plus que jamais, les Canadiens se soucient de l’impact environnemental de la production alimentaire. Depuis bientôt dix ans, le Centre canadien pour l’intégrité des aliments (CCIA) publie un rapport de recherche indépendant portant sur la confiance du public. Ce rapport se base sur des sondages et des groupes de discussion regroupant des milliers de Canadiens. Pour la première fois en 2021, la durabilité et l’environnement ont figuré parmi les cinq premiers enjeux de vie. Plus de la moitié des Canadiens ont cité le réchauffement planétaire ou le changement climatique comme l’une de leurs cinq préoccupations principales. Ils nous ont aussi révélé qu’ils souhaitaient vivement que le système alimentaire devienne durable et qu’ils réfléchissaient à l’impact de l’environnement sur leur vie au quotidien.

La durabilité est également une priorité pour notre système alimentaire. Il n’y a pas d’aboutissement en matière de pratiques et de production durable: la durabilité est une cible mouvante.

L’agriculture est responsable d’environ huit pour cent des émissions de gaz à effet de serre au Canada. Les agriculteurs et l’ensemble de l’industrie agricole s’efforcent d’en réduire les impacts à divers niveaux, par exemple: en mettant au point des moteurs plus écoénergétiques pour l’équipement agricole; en captant les gaz à effet de serre provenant des réservoirs de fumier; et en pratiquant une agriculture de précision sans applications généralisées d’engrais et de pesticides. Un sol sain est un sol à même de séquestrer le carbone et de produire des cultures nécessitant moins d’intervention humaine. À travers le Canada, la santé des sols fait l’objet d’une attention particulière qui, à elle seule, rend déjà notre système plus résistant aux changements climatiques.

La durabilité représente également un enjeu économique. Si nos agriculteurs et nos entreprises alimentaires n’étaient pas rentables, ils fermeraient leurs portes et nous devrions dépendre davantage de l’importation pour nourrir la nation. Notre système alimentaire à but lucratif continue de produire des aliments sûrs et abordables pour les Canadiens. Grâce aux impôts, il contribue aussi à financer l’éducation, les routes ainsi que les services sociaux et de santé auxquels nous tenons tant, comme notre système de soins de santé universel.

Un système alimentaire durable génère aussi des avantages sociaux. Le Canada se hisse aux premiers rangs dans les classements internationaux en matière d’accessibilité et d’abordabilité des aliments. Notre système alimentaire robuste est capable de faire don d’une importante partie de nos surplus de production. Oui, on peut toujours en faire plus, comme veiller à ce que les travailleurs de cette industrie soient compensés équitablement et reconnus par la dignité de leur labeur. Nous dépendons tout un chacun de leur travail pour nourrir nos familles.

Plus que jamais, notre système alimentaire fait preuve de transparence quant à la façon dont les aliments se retrouvent sur nos tables. Il est sur une voie d’amélioration continue et plus enclin à montrer ses erreurs de parcours ainsi que les gestes posés pour les gérer. L’ouverture crée la confiance et la transparence se veut l’un des piliers de la durabilité.

À la base, la durabilité consiste à utiliser ce qu’il nous faut pour fonctionner sans nuire à la capacité des générations futures à faire de même. En s’ouvrant à la transparence et en capitalisant sur la durabilité dans son propre intérêt, notre système alimentaire évolue dans la bonne direction. Les gens ne s’attendent pas à la perfection, mais ils s’attendent à des progrès.

John Jamieson est le président-directeur général du Centre canadien pour l’intégrité des aliments.

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